Carly Edjobamu : 120 tatouages et lutte contre les détracteurs

Dans le monde moderne, où les frontières de l’expression de soi s’élargissent constamment, la culture du tatouage a cessé d’être un marqueur de rébellion pour devenir une forme d’art. Cependant, pour ceux qui choisissent des transformations corporelles radicales, le prix de cette liberté peut être élevé. L’histoire de Carly Edjobamu, 39 ans, de Sheffield, est un exemple frappant de la manière dont l’amour du body art se heurte aux vues conservatrices de la société et à la cruauté des trolls d’Internet.

D’un cœur brisé à une crinière verte

Selfie miroir de Carly Edjobamu aux cheveux vert vif, montrant de nombreux tatouages sur son visage, son cou, sa poitrine et ses bras dans un cadre domestique

Carly a commencé son parcours dans le monde du tatouage il y a six ans. Cette démarche était une réaction à une rupture douloureuse. Initialement, elle voulait simplement cacher sa douleur ou marquer une nouvelle étape de sa vie, mais le résultat a dépassé toutes ses attentes. En 2020, elle a fait son premier tatouage sur son visage – une lune au-dessus de son sourcil. C’est ce moment qui est devenu le point de non-retour. Carly n’a pas seulement aimé les tatouages, elle s’y est plongée tête la première, achetant son propre équipement et commençant à se tatouer elle-même.

Aujourd’hui, Carly est une personne à l’apparence éclatante : cheveux vert vif, de nombreux piercings et plus de 120 tatouages couvrant son corps et son visage. Elle investit des sommes considérables dans son image, le coût total de ses transformations s’élevant à environ 22 000 livres sterling. Pour elle, ce ne sont pas de simples ornements, mais une façon de s’affirmer et de déclarer son amour.

Un mariage sans invités, mais avec une machine à tatouer

Portrait de Carly Edjobamu aux cheveux vert vif et aux nombreux tatouages sur le visage, faisant une grimace et faisant un geste de la main

L’un des moments les plus touchants de l’histoire de Carly est lié à son mariage. Au lieu d’un mariage traditionnel avec banquet et invités, elle et son mari, Aesop Edjobamu, 40 ans, ont décidé de célébrer ce jour à leur manière. Ils se sont mariés à la mairie, puis sont rentrés chez eux pour préparer un dîner. Comme cadeau de mariage, Carly a dépensé 300 livres pour un kit de tatouage.

Avec cette machine, elle s’est fait un tatouage sur le visage en l’honneur de son mari. Sur son front, elle a écrit la lettre « A » et les chiffres « 224 ». Pour les non-initiés, ce n’est qu’un ensemble de symboles, mais pour le couple, cela a une signification profonde : « 224 » se traduit par « aujourd’hui, demain, pour toujours ». Carly admet que cela semble un peu banal, mais ce sont ces petites choses qui rendent leur relation spéciale.

Guerre contre les trolls d’Internet

Selfie de Carly Edjobamu aux cheveux vert citron vif et aux nombreux tatouages sur le visage, debout à côté d'un homme qui a également des tatouages sur la tête et la poitrine

Bien que Carly se sente heureuse dans son apparence, le monde extérieur à sa famille n’est pas toujours prêt à l’accepter. Récemment, elle a publié un selfie avec son mari, sans réaliser que son profil Facebook était ouvert à tous. Le résultat a été dévastateur. En 20 minutes, la photo a reçu des milliers de commentaires.

Les détracteurs ne retenaient pas leurs émotions, la traitant de « monstre », de « laide » et affirmant qu’elle était mentalement instable. Le plus douloureux pour Carly, ce sont les commentaires sur ses enfants. Les gens écrivaient que ses enfants vivraient mieux sans elle, qu’ils devraient être placés en famille d’accueil, et lui souhaitaient même de se suicider.

Le soutien de la famille contre la haine en ligne

Carly note qu’elle a la « peau épaisse », mais reconnaît qu’une telle agression aurait pu briser la psyché d’une autre personne. Elle s’est même retirée temporairement des réseaux sociaux pour retrouver son équilibre mental. Cependant, de retour il y a quatre mois, elle a changé de tactique. Désormais, elle publie des photos avec de nouveaux piercings et des légendes provocatrices, comme « je vieillis gracieusement », spécialement pour énerver les détracteurs.

Carly trouve particulièrement amusant l’utilisation de l’intelligence artificielle par les trolls. Certains utilisateurs prennent ses photos, suppriment tous les tatouages et piercings à l’aide de l’IA, et les lui envoient en affirmant que « c’est comme ça que tu devrais ressembler ». Carly rit de cela, notant que même avant ses tatouages, elle ne ressemblait pas à ce qu’ils voulaient.

Élever des enfants dans une atmosphère de liberté

L’argument principal contre Carly concerne ses enfants. Elle a quatre enfants âgés de un, trois, huit et 14 ans. Cependant, contrairement aux attentes des détracteurs, les enfants ne souffrent pas de son apparence. Au contraire, ils sont fiers de leur mère. Son mari Aesop est devenu son principal défenseur, allant même jusqu’à débattre avec les commentateurs en ligne. Il la soutient pleinement dans ses choix, car il sait ce qu’elle a traversé pour devenir elle-même.

L’influence de la mère sur les enfants est évidente. Sa fille de 14 ans a déjà trouvé son style : elle s’est rasé la tête et se colore les cheveux avec des motifs. Carly considère cela comme un excellent exemple de l’importance d’être soi-même. Elle raconte avoir montré à son fils de huit ans ses anciennes photos sans tatouages, et il a honnêtement répondu qu’elle avait l’air horrible dessus. Pour Carly, c’est la meilleure des louanges : elle a réussi à apprendre à ses enfants à s’accepter et à ne pas avoir peur d’être uniques.

L’histoire de Carly Edjobamu nous rappelle que la beauté et la normalité sont des concepts relatifs. Pour certains, elle est un « monstre », mais pour sa famille, c’est une mère aimante et une personnalité inspirante.

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