La transformation d’un artiste est toujours un processus douloureux et fascinant, surtout lorsqu’il s’agit de passer de l’industrie du tatouage, où chaque trait est définitif, au monde de la peinture à l’huile, où les couches peuvent s’accumuler pendant des décennies. Marcus Robins est devenu un exemple frappant de la manière dont la discipline et la rigueur technique d’un tatoueur peuvent insuffler une nouvelle vie aux canons classiques de la Renaissance. Son parcours n’est pas seulement un changement d’outil, mais une exploration profonde de l’identité à travers le prisme du « high art », où la peau humaine est remplacée par une toile monumentale, et les pigments dermiques par des glacis complexes selon les anciennes méthodes des maîtres flamands.