Dans l’un des moments les plus marquants du Parlement britannique ces derniers temps, le député d’Eastbourne, Josh Babarinde, a décidé non seulement de soulever la question du sort de la jetée locale, mais aussi de démontrer son attachement à cet endroit – par un tatouage. Lors d’une discussion à la Chambre des communes, il a invité le vice-Premier ministre David Lammy à jeter un coup d’œil personnel à son tatouage représentant la jetée d’Eastbourne, ce qui a provoqué une explosion de rires parmi les députés.
Un tatouage comme symbole d’attachement
Josh Babarinde, né et élevé à Eastbourne, a toujours souligné son lien avec la ville. Son tatouage n’est pas juste un dessin sur sa peau, mais un véritable manifeste d’amour pour un lieu qui fait partie de son identité. L’image représente la célèbre jetée, qui a servi pendant des décennies de symbole de la ville, lieu de rencontres, de fêtes et même de rendez-vous romantiques.
« Je l’ai littéralement sur moi », a déclaré Babarinde en s’adressant à Lammy. « C’est une partie de notre patrimoine, une partie de notre économie et une partie de moi-même ». Cette approche pour exprimer sa position civique – à travers le corps – devient de plus en plus courante dans la culture moderne, en particulier chez les politiciens qui cherchent à montrer l’authenticité de leurs sentiments.
La jetée menacée : pourquoi c’est important

Derrière la plaisanterie se cachait une question sérieuse. L’opérateur de la jetée, la société Lions Pier Ltd, a reçu un ordre de liquidation le 12 mai 2026, selon les documents de Companies House. Cela a suscité l’inquiétude des habitants locaux, qui craignent que la jetée ne soit fermée, voire démolie, en raison de problèmes financiers.
Babarinde a lancé la campagne « Protect Our Pier », appelant à des mesures urgentes pour préserver le site. Il a souligné que les coûts d’entretien des jetées dans tout le pays avaient atteint des sommets sans précédent, et que sans soutien gouvernemental, beaucoup d’entre elles pourraient disparaître à jamais.
La réaction de Lammy et l’atmosphère au Parlement
David Lammy, le vice-Premier ministre, a réagi avec humour : « Je n’aurais jamais pensé qu’on me proposerait de regarder le tatouage de quelqu’un au Parlement ». Néanmoins, il a reconnu que la jetée d’Eastbourne était un « point de repère local apprécié et emblématique » et a promis d’examiner la question de sa préservation.
Après la séance, Babarinde a effectivement montré son tatouage à Lammy – il se trouve sur son avant-bras, ce qui a rendu le moment encore plus accessible et moins intime. Une photo de ce moment a été publiée sur les réseaux sociaux et est rapidement devenue virale.
La culture du tatouage en politique : une nouvelle tendance ?
Ce cas n’est pas le premier où des politiciens utilisent des tatouages comme outil de communication. Ces dernières années, de plus en plus de députés et de responsables politiques affichent ouvertement leurs tatouages, les transformant en symboles de valeurs personnelles, de convictions politiques ou d’identité régionale.
Dans le contexte de la culture du tatouage, cela peut être considéré comme une évolution : des symboles cachés et personnels aux déclarations publiques. Le tatouage cesse d’être une simple décoration – il devient une partie du récit politique, une façon de dire : « Je suis là, j’appartiens à cet endroit, et je suis prêt à me battre pour lui ».
Et ensuite ?
Josh Babarinde prévoit de poursuivre sa campagne de protection de la jetée, y compris des rencontres avec les habitants et du lobbying au niveau gouvernemental. Son tatouage, devenu un symbole inattendu du mouvement, suscite désormais l’intérêt non seulement à Eastbourne, mais aussi à Westminster.
« Quand j’ai fait ce tatouage il y a quelques années, je ne pensais pas qu’il deviendrait si célèbre », a-t-il admis. « Mais maintenant, je ne peux pas passer dans la ville sans que quelqu’un me demande de le voir ».
Ce cas montre comment l’art corporel peut devenir une partie du discours politique, combinant le personnel et le public, l’humour et le sérieux, le local et le national. Et peut-être que ce sont précisément ces moments qui rapprochent la politique des gens.